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La lutte contre la stigmatisation en santé mentale

Le blog d’AMHS-KFLA présente le premier d’une série en deux parties sur la stigmatisation en santé mentale, ecrit par notre nouveau collaborateur, Hung.

Qu’est-ce que la stigmatisation publique et comment puis-je la combattre?

La stigmatisation prend beaucoup de place dans la vie d’un grand nombre d’entre nous qui vivons avec une maladie mentale ou un problème de toxicomanie. Chez certains, la stigmatisation est pire que le trouble en soi.

Qu’est-ce que la stigmatisation?

Par définition, « la stigmatisation fait référence à toute attitude négative (préjugé) et à tout comportement négatif (discrimination) à l’égard de personnes aux prises avec » [traduction] (CAMH) un problème de santé mentale ou de toxicomanie. Il existe trois principaux types de stigmatisation : la stigmatisation structurelle, la stigmatisation publique et l’autostigmatisation. La stigmatisation structurelle « s’applique à la façon dont les politiques et les pratiques des organismes privés ou gouvernementaux restreignent les possibilités de certaines personnes, intentionnellement ou non » [traduction] (CAMH). Aujourd’hui, nous nous pencherons sur la stigmatisation publique. L’autostigmatisation fera l’objet d’une prochaine publication.

Qu’est-ce que la stigmatisation publique?

Il s’agit « des attitudes et des croyances du public à l’égard des personnes aux prises avec un problème de santé mentale ou de toxicomanie et la façon dont l’opinion publique appuie les préjugés et la discrimination à l’égard de ces personnes » [traduction] (CAMH).

Quels sont les effets de la stigmatisation?

Les préjugés et la discrimination peuvent limiter notre accès à des choses qui sont accessibles à d’autres personnes (CAMH). Par exemple :

·       Obtenir et conserver un emploi

·       Obtenir et conserver un domicile sécuritaire

·       Obtenir des soins des soins de santé ou d’autres formes de soutien

·       Être accepté par sa famille, ses amis et les membres de la communauté

·       Entretenir des amitiés ou des relations à long terme

·       Participer à des activités sociales

Les médias contribuent à la stigmatisation

Les médias constituent l’une des principales sources d’information sur la maladie mentale. Ils contribuent fortement à perpétuer la stigmatisation. Les personnes aux prises avec une maladie mentale y sont souvent dépeintes comme dangereuses, violentes et imprévisibles. « Les journalistes insistent souvent sur les comportements violents, délirants ou irrationnels de ces personnes et recourent parfois à des titres ou un contenu sensationnalistes » (d’après Stuart, 2017). Si on retrouve toujours des récits stigmatisants dans les médias, les choses se sont en partie améliorées au cours des dernières années. Dans de nombreux pays, incluant le Canada, des lignes directrices recommandent aux médias « d’éviter de faire du sensationnalisme, de glorifier ou d’accorder une importance exagérée à certains faits ou de donner des détails trop précis, mais de plutôt jouer un rôle éducatif et de comprendre l’importance de fournir les coordonnées des services de soutien » (d’après Stuart, 2017). Ces directives contribuent à diminuer la fréquence de la stigmatisation dans les médias.

Comment peut-on diminuer la stigmatisation publique?

En matière de stigmatisation, une grande partie de la recherche porte essentiellement sur les façons de diminuer la stigmatisation publique. L’éducation directe est un des moyens les plus efficaces de réduire la stigmatisation publique; pour ce faire, une personne « qui a vécu des troubles mentaux témoigne de son cheminement pour retrouver la santé et, idéalement, invite les membres de l’auditoire à dialoguer pour générer une expérience d’apprentissage transformatrice » (d’après Stuart, 2017). Il semble que cette méthode, qui a fait ses preuves auprès de jeunes des écoles secondaires et de fournisseurs de soins de santé, améliore l’acceptation sociale à l’égard des personnes qui souffrent d’une maladie mentale.

Conseils à tous pour lutter contre la stigmatisation

Heather Stuart, Ph. D., chercheuse spécialisée dans la lutte contre la stigmatisation à l’Université Queen’s et au Portail santé mieux-être du gouvernement du Québec, propose des conseils utiles pour réduire la stigmatisation.

  • Soyez bienveillant(e) et offrez un soutien. Selon Heather Stuart, il est important que les personnes atteintes d’une maladie mentale participent aux activités sociales et se sentent heureuses et soutenues.
  • « Intervenez auprès des gens qui font des blagues ou des commentaires désagréables et déplacés » (Portail santé) à l’endroit des personnes qui souffrent d’une maladie mentale. « Rappelez-leur que leurs remarques peuvent blesser des personnes et contribuer à la stigmatisation de celles‑ci » (Portail santé).
  • Renseignez-vous. Heather Stuart souligne qu’il existe beaucoup de perceptions erronées et de stéréotypes au sujet des personnes atteintes d’une maladie mentale. Il est capital que nous comprenions que ces personnes ont de nombreuses capacités et compétences.
  • Choisissez bien les mots que vous employez, insiste-t-elle, car certains termes peuvent blesser ou aider les autres. Les termes « fou » ou « schizophrène » sont inutiles et à éviter.
  • « Exprimez sans gêne une opinion positive à l’égard des personnes atteintes » (Portail santé) d’une maladie mentale.
  • « Appuyez les initiatives prises dans votre milieu pour combattre la stigmatisation » (Portail santé).
Référence
Stuart H. (2017) What Has Proven Effective in Anti-Stigma Programming. Dans : Gaebel W., Rössler W., Sartorius N. (éd.) The Stigma of Mental Illness – End of the Story?. Springer.